Le blog d'Atomic Le Chat
Les chats
Les amoureux fervents et les savants austèresAiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Érèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;
Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du Mal
Spleen et idéal
En étant comptable de ce sonnet, nous rappelons donc qu'il y a quatorze vers, deux quatrains, deux tercets et, plein de chats!
Au neuvième et dixième vers, c'est légitimement que Baudelaire compare les chats avec les sphinx dont la posture couchée, tête droite comme un i (non grec!), et pattes allongées est si caractéristique des chats!
Ce poème sera un prétexte idéal pour vous parler prochainement d'Alice du pays des Sphynx... Une différence majeure est qu'Alice n'est vraiment pas de marbre.
Patience! Miaouuu...
Amitiés poétiquement félines.
Sam 10 mai 2008
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